"Mais, au-delà de ces décalages provoqués, et vécus par l'acteur, il y a chez celui-ci, à l'évidence, une volonté de jouer sur l'absence de lisibilité, de prévisibilité de ses expressions faciales et gestuelles, qui ajoute à la cruauté de ses sourires ou à la menace de ses regards. La folie de ses personnages est d'autant plus efficace, en termes de spectacle, qu'elle est rarement douce, rarement contemplative : elle se donne pour potentiellement dangereuse; mieux, elle exsude précisément de l'allure irrationnelle et menaçante des personnages en question." (17)
---C'est donc toute la question des signes de la folie et de leur lisibilité.
dimanche 30 août 2009
ORTOLI, Philippe, Les vacillements du sujet
"L'art de "l'écriture du mouvement" est, plus que tout autre, celui où la reconstruction du réel sous l'emprise d'une conscience vacillante, altérée, voire endormie, peut s'objectiver. Ce qui est passionnant, dans la prise en compte de ce thème psychopathologique par certaines oeuvres, tient au fait qu'elles ne se contentent pas de l'illustrer, mais bien de chercher à l'exprimer sous une forme spécifique et que, par là, elles nous aident à penser le cinéma." (13)
KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement
"Au final, on trouve peut-être dans la démarche de Preminger les linéaments d'un certain cinéma américain moderne qui cherche par une déconstruction formelle tranchée et le brouillage de toute subjectivité limpide et autosuffisante, à faire du cinéma lui-même une expérience psychique heurtée et sans norme fixe (Hellman, De Palma, Lynch...)" (8)
KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement
"C'est la modalité de sa révélation qui détermine le sens de la folie, qui cesse ainsi d'être un simple matériau iconographique. Du coup, si le cheminement de la névrose dirige l'agencement narratif du film, les signes du dérèglement psychique du personnage ne peuvent que contaminer l'espace objectif, et généraliser la logique du cauchemar." (7)
KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement
"Cette conception performative du psychisme rapproche d'ailleurs la manifestation de la folie de la mise en scène de la violence, dont le danger et la force chaotique ne peuvent éclater que dans une rupture, dans la soudainet. d'une décharge et d'une crise, et en venant contredire l'enchaînement qui l'a préparée." (6)
KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement
"D'où ce problème spécifique : comment, dans une économie narrative qui se nourrit de l'effectation visuelle des gestes et des intentions, qui repose sur l'expression physique des actions et des caractères, imposer l'évidence sèche et brutale d'une situation mentale qui définit précisément l'impossibilité de toute représentation et de tout partage objectifs." (6)
KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement
"La folie, nous n'y sommes pas habitués. C'est du moins ce postulat d'exception, d'anomalie et d'opacité qui fonde, dans sa représentation au cinéma, la nécessité d'un moment crucial dont le paroxysme critique vient briser la série logique des faitts et abolir les coordonnées psychologiques les plus évidentes." (6)
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