dimanche 30 août 2009

FRAISSE, Philippe, Ce dont on ne peut parler

"La folie est cet excès, et c'est la force des images de parvenir à rendre sensible ce débordement qui met en danger la chaîne des causes dans laquelle notre raison voudrait bien prendre et tenir le monde." (21)

AMIEL, Vincent, Nicholson : les abîmes de l'interprétation

"Troisième niveau de jeu : après l'ambiguité, la parodie, voici la simulation. Et les signes sont pourtant les mêmes. Ou appartiennent en tout à un registre similaire. Comme s'il y avait, du début à la fin, la volonté de dégager ces signes d'une quelconque vérité, de les détacher en définitive de toute signification. C'est tout le jeu de la folie qui est en cause, sa représentation même." (18)

AMIEL, Vincent, Nicholson : les abîmes de l'interprétation

"(Jack Nicholson) met en jeu la vérité de la folie elle-même. À la question "Comment jouer la folie?" se substitue très vite celle-ci "Où est la folie?" Dans quels signes repose-t-elle? Et quelle est la légitimité pour tout un chacun de cher chercher à les interpréter?" (18)

AMIEL, Vincent, Nicholson : les abîmes de l'interprétation

"Mais, au-delà de ces décalages provoqués, et vécus par l'acteur, il y a chez celui-ci, à l'évidence, une volonté de jouer sur l'absence de lisibilité, de prévisibilité de ses expressions faciales et gestuelles, qui ajoute à la cruauté de ses sourires ou à la menace de ses regards. La folie de ses personnages est d'autant plus efficace, en termes de spectacle, qu'elle est rarement douce, rarement contemplative : elle se donne pour potentiellement dangereuse; mieux, elle exsude précisément de l'allure irrationnelle et menaçante des personnages en question." (17)

---C'est donc toute la question des signes de la folie et de leur lisibilité.

ORTOLI, Philippe, Les vacillements du sujet

"L'art de "l'écriture du mouvement" est, plus que tout autre, celui où la reconstruction du réel sous l'emprise d'une conscience vacillante, altérée, voire endormie, peut s'objectiver. Ce qui est passionnant, dans la prise en compte de ce thème psychopathologique par certaines oeuvres, tient au fait qu'elles ne se contentent pas de l'illustrer, mais bien de chercher à l'exprimer sous une forme spécifique et que, par là, elles nous aident à penser le cinéma." (13)

KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement

"Au final, on trouve peut-être dans la démarche de Preminger les linéaments d'un certain cinéma américain moderne qui cherche par une déconstruction formelle tranchée et le brouillage de toute subjectivité limpide et autosuffisante, à faire du cinéma lui-même une expérience psychique heurtée et sans norme fixe (Hellman, De Palma, Lynch...)" (8)

KAUSCH, Franck, Un instant d'égarement

"C'est la modalité de sa révélation qui détermine le sens de la folie, qui cesse ainsi d'être un simple matériau iconographique. Du coup, si le cheminement de la névrose dirige l'agencement narratif du film, les signes du dérèglement psychique du personnage ne peuvent que contaminer l'espace objectif, et généraliser la logique du cauchemar." (7)